chantierIl y a de cela 1 semaine et 4 longues heures, le Dr C m'a accouchée. Et ce, dans la douleur...

Je serais absolument malhonnête de dire que c'est indolore, que cela passe vite, que ce n'est pas si lourd.

Mon expérience, qui, comme le "mon" l'indique, n'engage que moi, fut difficile pendant un peu plus de 48h.

Mais qu'est-ce que 48h pour renaître à la vie? Une broutille. Bon, ok, je dis ça aujourd'hui parce que je n''ai plus mal nul part... Sur le moment, je ne faisais pas la fière.

D'un seul coup, je me dis que vous, chers anonymes, qui allez vous faire opérer, vous allez paniquer à la lecture de ce billet.

Mais cela ne serait pas un vrai témoignage si je n'étais pas sincère. De toute façon, cela n'est pas ma genre de ne pas dire les choses.

Voici MON témoignage, sans détours, sans gênes... Je précise avant toute chose que je suis depuis toujours une grande douillette. Mon seuil de tolérance à la douleur est relativement bas.

Jeudi, D DAY

9h Douche à la bétadine

10h30 Atarax pour me détendre (le tout sous la présence de mon tendre époux qui en aurais bien pris un aussi, je suppose...)

12h30 Direction le bloc. Aurevoir mon chéri, je t'aime... ne t'inquiètes pas, tout va bien se passer... moi je ne pense qu'à une chose : "mais qu'est-ce que je fous là?"

Euh maintenant, les heures ne sont plus précises... chaque minutes semblant être une heure.

Dans le couloir des blocs, l'anesthésiste, charmante, m'injecte un premier shoot de... ben je sais pas...

Et là, beurk, nausées, corps collé au brancard... Je deviens impatiente de rentrer au bloc et qu'on m'endorme. C'était très désagréable.

Ah, oui, je fais une parenthèse pour vous dire une chose très importante, voire essentielle : le personnel soignant ou non de cette clinique est formidable. Un mot me vient spontanément pour les qualifier : HUMAINS. Et ça, quand on est gelée, dans un couloir de chirurgie, avec tous ses regards qui sortent de ces burkas bleues, je peux vous certifier que cela rassure un peu...

Le réveil fut normal : nausées, douleurs naissantes, questionnement, inquiétudes... très peu de positif si ce n'est : JE SUIS REVEILLEE OUF !

Tout est un peu confus après pendant 48h.

Ce qui est précis dans mon esprit ce sont 2 choses : les gaz et l'équipe soignante toujours présente et chaleureuse :o)

Le vendredi matin, un séduisant kiné est venu m'expliquer comment respirer correctement pour évacuer tout l'air injecter lors de la coeslioscopie. Coup de bol, mes années de chant m'ont permis de naturellement respirer par le ventre donc enfin une bonne nouvelle : aucune douleur aux épaules. Ceci prouve bien que chaque expérience est différente car beaucoup des témoignages, la plupart d'ailleurs, parlent de cette douleur. Moi, niet, nada, rien, quedal... YES ! je suis contente... Des gaz douloureux oui, mais j'apprend vite à les évacuer.

Puis vient l'examen primordial : le TOGD. On m'emmène à la radios où je bois un peu d'un produit de contraste absolument immonde (sauf pour ceux qui aiment les saveurs très amères). Et commence l'attente dans ma chambre du résultat... Une fuite et si j'ai tout compris, retour au bloc... OUF : radios impeccables. Pas de soucis : je peux enfin boire un peu d'eau.

Le samedi, là, pour le coup, pas de bol : crise de migraine. Rien à voir avec le bypass. Une bonne vieille crise comme je les haismeuh !!!! Donc, forcément, moral à moins douze, journée épouvantable... Même si, je répète, l'équipe soignante à tout fait pour bien prendre en charge la douleur. Mais la médecine à ses limites, et ne pouvant prendre de morphine (car cela constipe, je crois), les médocs restent dérivés donc moins fort...

Puis Dimanche, le jour s'est levé sur ma nouvelle vie... Une gène plus qu'une douleur. Une fatigue qui s'estompe. Mon roi et ma princesse qui viennent me rendre visite. Et mon premier "repas", si je puis dire : purée de haricots verts, bouillons, compote et yaourt.

Le moral revient. Le physique suit.

Et puis 2eme bonne nouvelle : lundi matin, le Dr C fait sa visite à 9h "ça va princesse? bon et bien vous sortez aujourd'hui, ok?" Comment ça, "ok" ? Evidemment OK !!!!!!!! YOUPI je rentre à la maison.

Je n'en reviens toujours pas : 4 jours après mon opération, me revoilà chez moi.

Home sweet home ! Epuisée, endolorie parfois, mais chez moi !!!! Et pour être rassurée, le Dr C nous donne son numéro de portable et quelques consignes de bon sens pour la convalescence...

A part une petite frayeur le soir même (38.1° de température...), tout se passe de mieux en mieux. Samedi matin, je dois assister à la réunion du Dr C. J'ai plein de questions à lui poser.

Niveau alimentaire, j'ai 15 jours pour m'adapter et remanger "normalement". Cela veut dire que pendant 15 jours, je fractionne les repas, mixés d''abord, hachés puis progressivement en morceaux. Mais cela fera sûrement l'objet d'un autre article.

Merci encore à Richard l'infirmier et Laura la toute nouvelle aide-soignante pour leurs attentions si touchantes et leur professionnalisme. Si vous lisez ces mots, sachez que vous faites maintenant parti de ma vie, d'une certaine façon. Je vous souhaite une belle carrière dans la médecine. Vous avez ce petit truc qui fait la différence, cette âme si belle qui font que les patients n'ont pas l'impression d'être des dossiers...

Merci aussi à toute l'équipe soignante dont ceux qui ont dû supporter mes jérémiades ;o)

Aujourd'hui, à la fin de la première semaine du reste de ma vie, je peux enfin dire que je ne regrette pas. Pas un seul instant.

Aujourd'hui, Dame Balance m'a annoncé -4,3 kg. Un bon début n'est-ce pas...

Pas si intimement.  123,4 kg to 119,1 kg